
Martin Margiela est né en 1957. Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers, il travaille d’abord pour Jean-Paul Gaultier avant de fonder sa propre maison, la Maison Martin Margiela, et devient le styliste de la maison Hermès, qu’il contribua à dépoussiérer sérieusement. Martin Margiela n’accorde aucune interview, il ne s’exprimme que par fax ou par mails rédigés au nom de la Maison, on ne connaît de lui aucune photo, on ne le verra jamais jouer les sous-Montesquiou de salon télévisé comme d’autres. Martin Margiela ne se met pas en scène, il se contente de mettre en scène ses vêtements, et encore, avec une certaine modestie, une simplicité et un minimalisme que l’on pourrait presque prendre pour de la sécheresse. Le site de la Maison est à son image, presque déconcertant. Il y a beaucoup d’humour, en fait. Martin Margiela est un couturier, un artisan, et il conçoit ses vêtements comme des objets artisanaux, élaborés dans la patience, la minutie et le souci du détail qui caractérise chacune de ses créations. Les vêtements, s’ils sont déclinés en série, ne sont pas parfaitement identiques : on a l’impression que chaque objet est unique. Dans un monde de production en masse, dans un monde saturé d’objets aussi essentiels que l’on peut s’en débarrasser dans l’heure, dans un monde ivre de cette consommation effrénée où les marchandises s’entassent et nous encombrent, dans ce monde contaminé par la laideur du nombre, Martin Margiela donne du sens à l’objet, celui du travail bien fait, de l’étude, du savoir et du temps. Martin Margiela ralentit le rythme, un peu, il se pose, il nous repose.
Voilà pourquoi Martin Margiela .
