Je pense que le Beretta 92 est un très bon acteur.
- John Woo, réalisateur
C’est la révolution dans la gamme très compliquée du trentenaire Beretta 92. Sa nouvelle incarnation, lancée en 2006, semble sortir tout droit de l’atelier Giugiaro, avec une culasse redessinée et une poignée ergonomique qui semble dériver du Beretta 92 Vertec (ce qui serait un plus, le 92/M9 n’étant pas réputé pour son ergonomie chez les tireurs à petites mains). Depuis qu’un grand nombre de variantes semblent être passées à la trappe (le Brigadier à culasse renforcée, le Vertec, le Stainless, le Compact…), la gamme s’est recentrée autour du M9A1 (globalement une Beretta 92 FS à rails intégrés dans la carcasse) et du Ninety-Two.
Le style est très particulier mais loin d’être désagréable, et n’est pas sans évoquer, à cause du couvre-rail proéminent, le Beretta 93 de Robocop.

On est tout de même assez loin de l’excellence esthétique qu’avait représenté le Beretta 92 à sa sortie :

J’ai d’ailleurs une tendresse particulière pour le modèle compact à magasin monofilaire, le 92 FC-M, ou le Centurion qui est un 92 FS raccourci, même si d’une manière générale, je n’aime pas trop tirer avec les Beretta de cette série.
Il est toutefois dommage que les stylistes n’aient pas profité de cette évolution pour intégrer la culasse élargie du Brigadier au niveau des tenons de verrouillage au nouveau dessin. Sur l’essentiel, il n’y a d’ailleurs pas de grande évolution : le mécanisme dérivé du Walther P38 est toujours là, de même que le principe de la culasse ouverte, de la grande capacité du magasin (17 cartouches à la place de 15 pour l’ancienne génération), et de la double action. Bref, un wondernine assez encombrant et toujours classique. On notera toutefois avec une petite déception qu’il conserve une sécurité manuelle, ce qui est d’autant plus absurde et dangereux qu’elle n’est vraiment pas ergonomique et que l’implantation d’une variante en .45 ACP n’est toujours pas à l’ordre du jour.
